Port-au-Prince, 4 mars 2026 — L’avocat et défenseur des droits humains Arnel Rémy, coordonnateur du Collectif des Avocats pour la Défense des Droits de l’Homme (CADDHO), est monté au créneau pour dénoncer les critiques visant la nouvelle ministre du Tourisme, Stéphanie Smith, installée officiellement dans ses fonctions ce mercredi.
Dans une déclaration publique, Me Rémy a condamné les attaques dirigées contre la ministre, notamment celles liées à son passé professionnel. Selon lui, l’origine sociale ou les activités exercées auparavant par une personne ne devraient jamais servir de prétexte pour la discréditer ou l’exclure de la gestion des affaires publiques.
Le coordonnateur du CADDHO appelle la population haïtienne à faire preuve de tolérance et de respect envers toute personne qui souhaite contribuer au développement du pays.
« Est-ce parce qu’elle a été serveuse qu’elle ne peut pas devenir ministre ou aimer son pays ? », s’est interrogé Me Rémy, en réaction aux commentaires circulant sur les réseaux sociaux et dans certains milieux de l’opinion publique.
Pour le défenseur des droits humains, ces critiques sont contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit et aux valeurs liées au respect de la dignité humaine.
Me Rémy rappelle également qu’en politique, il existe généralement une période d’observation — souvent estimée à cent jours — permettant d’évaluer l’action d’un nouveau responsable. Selon lui, ce n’est qu’après cette période que la population pourra juger le travail de la ministre, que ce soit pour la féliciter ou lui adresser des reproches.
Il estime par ailleurs que les critiques basées sur des lapsus ou des erreurs de discours sont injustifiées. « L’erreur est humaine », a-t-il souligné, rappelant que même certains présidents étrangers ont déjà commis des lapsus sans que cela remette en cause leurs compétences.
Tout en précisant qu’il ne parle au nom d’aucun parti politique, Me Rémy affirme intervenir en tant que citoyen et défenseur des droits humains pour dénoncer toute forme de discrimination.
« Ce n’est pas parce qu’une personne a exercé un métier modeste ou commis une erreur de langage qu’elle ne peut pas être ministre, directrice ou occuper une fonction importante en Haïti », a-t-il insisté.
Enfin, l’avocat estime que l’arrivée de jeunes dans les sphères de décision peut constituer un signal d’espoir pour la jeunesse haïtienne. Selon lui, cela peut encourager davantage de jeunes à poursuivre leurs études et à se préparer à servir leur pays.