Démocrates, droits et devoirs s’opposent.
L‘un après l’autre, ils se succèdent, générant un modèle de
gouvernance, qui a fait d’Hayti un modèle d’État failli dans
lequel précarité économique et instabilité sociale et politique
sont faits chroniques.
Comment expliquer cet état de fait, lorsque l’on prend note du profond désir de changement exprimé par le peuple, désir de changement relayé par des leaders, partis et associations politiques tous se réclamant de la démocratie comme programme ?
D’où viennent les causes de cet échec à promouvoir le développement et à assurer la stabilité sociale et politique, garant du progrès social ?
Sans doute, les facteurs sont multiples, complexes et profonds. Comme le sont les phénomènes sociaux. Mais une cause, parmi d’autres, semble prépondérante, pour ne pas dire fondamentale. Elle s’inscrit dans le concept : oublié.
Oublié, c’est à dire, laissé pour compte, mettre à côté, ignorer, écarté réprimé, rejeté…
Le registre est vaste, aussi complexe, pourrait-on juger que le problème. Alors, n’hésitons pas à parler d’une Problématique logée au cœur de la nation, problématique liée au développement du sous-développement et à l’instabilité chronique, qui caractérise la société haïtienne, en régime dictatorial, aussi bien qu’en régime démocratique.
Les oubliés, c’est le grand nombre. Les oubliés, c’est le peuple des campagnes, le peuple des bidonvilles, tous, en proie à la misère, à la faim, à l’injustice, et ne trouvant d’autres issues à leurs maux que l’exode.
Oubliés, ils sont niés, souvent réprimés, au mépris de la loi.
La faiblesse de nos institutions trouvent là une explication. Egalement, notre incapacité à bâtir un état de droit, garant du progrès de la nation. Comment, en effet, gagner le pari de la paix, de la stabilité, du progrès économique, quand la grande majorité est l’objet d’oubli?
La démocratie est un projet politique, économique et social. Le réussir, c’est d’abord et avant tout, intégrer les Oubliés dans le processus de concertation, de dialogue, condition sine qua non à l’établissement d’une démocratie de paix et de progrès social.
Par-delà, c’est sceller un projet de développement, en accord avec nos traditions historiques, dans lequel tous nous nous reconnaissons citoyens et citoyennes d’une même patrie.
L’union fait la force. Que l’union retrouvée, intègre les Oubliéset nous fortifie dans la lutte pour une démocratie de progrès, de droits et de devoirs.
L’avenir D’Hayti est à ce prix !